Son passé très riche façonna
l'âme du village qui reste encore après tous
ces siècles, imprégnée dans les pierres de
l'édifice. Dorénavant en traversant le village
vous ne pourrez plus être indifférent, sachant
que l'église et son histoire vous
observent...
Notamment,
celle du Barbe Péron...
"Un beau jour de l'an
1434, un homme de guerre, violent et avide de
gains, comme il en circule de nombreux dans notre
région secouée par la seconde guerre de cent
ans, pénètre dans l'église de Dampleux avec
l'intention de s'approprier un butin. S'interpose
alors une courageuse femme du village nommée
Guillette qui tente de le raisonner. Le gaillard
loin de s'émouvoir, continue sa besogne en
gardant à distance la vertueuse Guillette par un
flot d'injures.
L'incident semble
oublié quand quelques temps plus tard,
Guillette, vaquant aux soins des malades, voit
arriver, penaud et la mine défaite, le
détrousseur. Celui-ci sans attendre, supplie la
sainte femme de lui permettre de faire en
l'église une neuvaine afin de retrouver la
santé. Le rustre se nomme Barbe Péron ; il
essaie cette fois de convaincre Guillette. Mais
celle-ci intraitable renvoie le soldat,
déconfit.
Trois semaines plus
tard, le curé de Villers accompagné d'un autre
homme traversent la forêt à proximité de
Dampleux. Soudain, ils voient devant eux un homme
étendu, les vêtements sans taches ni
déchirures, restant de l'individu qu'un
squelette aux os propres et nets. Effrayés les
deux compères s'en furent raconter leur
découverte et il fut établi que la victime
était Barbe Péron.
Depuis, l'endroit est
appelé la fosse Barbe ou trou Péron et l'on y
passe pas sans frissonner en pensant à la
terrible malédiction toujours prête à
s'abattre sur quiconque s'avisera de proférer
des insultes aux saintes femmes de Dampleux..."
...
A
Travers les siècles...
"On
voyait jadis dans l'église de ce village une
pierre tombale sur laquelle étaient
représentées deux mains tenant un calice, avec
un quatrain en forme de rébus..."
Cette église possède les
reliques de Saint Leu, évêque de Troyes.
Avant la révolution, les
curés de Dampleux étaient des Prémontrés
venant de l'abbaye de Coeuvres et Valsery. Cette
communauté religieuse fondée en 1121 par Saint
Norbert appelait ses membres à exercer leur
appostolat dans les abbayes ou à l'extérieur,
paroisses et établissements d'enseignement.
On retient parmi ces
curés, Charles Droinet, Chanoine de Valsery qui
composa un catéchisme en 1738, dédié à
l'empereur d'Allemagne et l'année suivant une
dissertation sur le luthéranisme et le
Calvinisme. Tant d'efforts ne pouvaient restés
vains et Louis XV offrit à Charles Droinet la
direction de l'abbaye d'Abécourt. François
Philippe Pommery, prêtre énergique et tout
entier dévoué à sa mission, donne de 1760 à
1786 l'impulsion nécessaire pour sortir
l'église de l'état d'abandon dans lequel elle
se trouve depuis plus d'un siècle. En 1783 on
apposa même les scellés sur les meubles qu'il a
mis en gage, probablement pour continuer la
restauration de l'église. François Philippe
Pommery n'a pas quitté Dampleux, il est même le
seul prêtre décédé et enterré dans le
village.
La période
révolutionnaire agita considérablement l'ordre
établi avec la confiscation en 1789 des biens du
clergé, la création en juillet 1790 de
l'église constitutionnelle, n'admettant que des
prêtres reconnaissant la constitution : l'abbé
Tronchet fut en 1791 notre curé constitutionnel.
Le 21 décembre 1795, la
séparation de l'église et de l'état fut
prononcée et il fallut attendre le 17 juillet
1801 pour qu'une apparente réconciliation
intervienne entre Bonaparte et Pie VII. Le 27
thermidor an 10, le ministre du culte, Leclerc,
entonne en l'église St-Leu le Te Deum en
l'honneur de Bonaparte, proclamé consul à
vie...
(l'église)
Au 12° siècle, pendant
qu'à Dampleux les bâtisseurs posaient la
première pierre, les rois de France essayaient
d'asseoir leur autorité sur leurs vaillants
princes féodaux. Outre le début de la guerre de
cent ans, nos bouillants princes eurent le temps
d'organiser deux croisades. Pendant ce temps,
l'édifice prenait forme.Sa taille importante
indique que le site représentait pour la région
un intérêt particulier, peut être pour sa
maladrerie, construite vers l'an mille.
De cet hôpital destiné
aux lépreux, il ne reste aucun vestige ; mais on
remarque sur les côtés de la nef, d'anciennes
portes en plein-cintre, aujourd'hui obstruées et
qui devaient communiquées avec la maladrerie.
Ses ressources se composaient des dons des
seigneurs du lieu et de la charité publique. Les
nombreux pélérins attirés à Dampleux
déposaient leurs offrandes sur une large pierre
scellée dans un des piliers de l'église pour
tenter d'obtenir les faveurs de Saint Leu, avant
d'aller boire sur la place du village quelques
godets d'eau miraculeuse. Au 14° siècle la
prospérité de la maladrerie nécessita la
construction de nouveaux bâtiments dont on
retrouve les fondations dans l'ancien cimetière.
Puis elle fut détruite et disparut de
l'histoire...
L'église connut un
meilleur sort et, s'il nous reste aujourd'hui la
nef et la première travée du 12ème siècle, le
choeur et le transept datent du 16ème siècle.
Le clocher est plus récent, du 19ème et s'il
fut modifié, c'est que le précédent, en
pierre, menaçait de s'effondrer.
Par
arrêté du 15 juin 1927, l'église de Dampleux
est inscrite à l'inventaire supplémentaire des
Monuments historiques.
(l'église de
Dampleux)
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