A Dampleux, l'histoire de l'eau est
intimement liée au village,
et
à la fontaine Saint-Martin...
Depuis des temps très
reculés, une force mystérieuse attire chaque
année les Damloupiens en forêt pour le rituel
du café. D'après les premiers constats
rédigés au 19ème siècle, les éthnologues
notent sans pouvoir l'expliquer, la même
migration. Ce phénomène qui interpelle les
scientifiques nous ramènent aux druides qui
avaient élu la pierre
Fortière
comme lieu de sacrifices à leurs multiples
Dieux. C'est d'ailleurs de la pierre fortière
que les premiers témoignages nous parviennent.
La grotte qui pouvait
abriter plus de 50 personnes réunissait chaque
année - le mardi de la fête patronale - les
gens du village pour chanter et boire le café.
Victime du progrès, la grotte fut utilisée pour
la réfection de la route de Dampleux à Fleury et les habitants se sont repliés
sur la fontaine St Martin pour perpétuer
l'ancestrale coutume.
Au début du siècle,on
voyait - ce fameux mardi - une charrette venant
du bourg chargée de bancs et ustensiles, suivie
des habitants chantant et tambourinant. Le garde
champêtre, en costume des grands jours et les
conseillers municipaux s'affairaient à préparer
et distribuer le premier jus, suivi du petit
verre qui libérait musiciens et chanteurs.
Chacun y allait de sa chansonnette, jusqu'au
deuxième jus qui relançait les festivités dans
une ambiance des plus sympathiques. Vers 1940, la
fête s'est transportée dans les cafés du
village, mais les Damloupiens ne résistèrent
pas longtemps à l'appel de la forêt. En 1950,
alors que le forain (de Bonneuil en Valois)
déplaçait pour la fête patronale, stands de
tir, confiserie et chevaux de bois, le mardi
après-midi tous désertaient le village pour la
fontaine St Martin. Sous l'impulsion des
différents comités des fêtes, les frites sont
apparues, les enveloppes, les jeux... tout ce que
nous connaissons aujourd'hui. A noter qu'il fait
toujours beau le jour de la fête, même si
parfois quelques nuages ne respectent pas les
traditions...
L'histoire
de l'eau : 
Avant 1800, les
Damloupiens en majorité des manouvriers
employés dans les fermes du petit bourg,
vivaient dans une apparente harmonie autour de
trois points d'eau, abreuvant villageois et
bestiaux. La fontaine Saint-Leu aux étonnantes
vertus, dont la source alimentait également une
deuxième fontaine - située sur le devant de la
maison de la ferme Lemoine (actuellement Seguin)
- et la fontaine Sarly, coulaient à la
satisfaction de tous. A cette époque la rue
principale traversait tout droit le village en
passant au beau milieu de la cour de la ferme.
Les habitants partageaient par quartier les
points d'eau, chacun allant au plus près. Ceux
du bas se fournissaient près de la ferme - à la
fontaine du bas - qui allait devenir dès 1800
l'objet d'un âpre conflit qui durera tout le
siècle. Ce fut la "bataille de l'eau"...
Le chemin de la ferme,
remplacé en partie par la route vicinale 52, fut
de moins en moins pratiqué. Le sieur Lemoine
construisit des dépendances en face de son
habitation et à l'est, un hangar interceptant le
chemin, en aménageant toutefois une porte par
laquelle habitants et voituriers pénétrèrent
longtemps pour s'abreuver.
La fontaine d'en bas se
trouvait en propriété particulière et la
famille Lemoine commença à en exiger la
jouissance exclusive, fermant les portes aux
habitants. Des banales altercations verbales, on
en est arrivé aux mains, ce qui décida le maire
à prendre en 1858 l'initiative des opérations.
Le maire proposa au
cultivateur de lui céder le tiers de l'eau de la
source St Leu - s'il accordait aux habitants le
droit d'entrer dans la ferme chaque jour, du
soleil levant au soleil couchant - et
d'entretenir à ses frais conduites et fontaine.
Monsieur Lemoine considérant que l'eau lui
appartenait déjà, refusa les avances et porta
l'affaire devant le préfet. La tension monta
alors d'un nouveau cran. Le maire coupa
l'alimentation de l'eau de la fontaine d'en bas
et le fermier saisit la justice. Le 23 décembre
1858, le juge de paix de Villers-Cotterêts
exigea le rétablissement de l'eau et le
versement de dommages et intérêts au plaignant.
Le maire fit appel et une longue procédure
menaçait de s'engager quand Lemoine, conscient
de ne pas avoir choisi la meilleure solution,
manisfesta le désir de prendre un arrangement
avec la commune.
De propositions en
contre-propositions, les parties adverses
finirent par s'accorder en 1881... Le cultivateur
conserva sa fontaine et participa aux frais
d'implantation d'une nouvelle fontaine destinée
aux habitants du bas du village. Les tracasseries
ne cessèrent pas pour la municipalité, car les
besoins augmentaient et la nouvelle fontaine ne
suffisait pas.
Différents projets furent
étudiés pour augmenter le nombre de points
d'eau et en 1890, le conseil décida d'attribuer
des concessions en eau à qui en fera la demande,
dans la mesure ou le prétendant prenait en
charge tous les frais d'installation et d'une
redevance annuelle de 5 francs. L'idée connue en
grand succès et e nombreux foyers
s'équipèrent. Mais les points d'eau partaient
toujours de deux sources et les responsables
municipaux continuaient à réfléchir à de
nouvelles idées.
Un exemple, en juin 1934 -
période particulièrement critique - les vannes
s'ouvraient de 11h45 à 14h45, l'arrosage et le
lavage du linge étaient interdits.
La solution. On pensait en
1931 résoudre le problème de l'eau avec la
fontaine Saint-Martin. Un projet fut présenté
au Ministre de l'agriculture qui alloua une
subvention pour la première tranche des travaux.
Celle-ci ne fut jamais entamée et la
municipalité abandonna ce projet pour un autre
plus ambitieux associant les communes de Dampleux
et Fleury.
(histoire de
l'eau)
La
naissance du Syndicat
Depuis longtemps les
municipalités des communes de Dampleux et Fleury
auxquelles se rallia celle de Faverolles recherchaient activement
une solution pour alimenter en eau potable leurs
populations. Fleury ne dispose d'aucun réseau de
distribution et les habitants ont recours aux
puits particuliers et pour les moins chanceux, à
de petites sources à la qualité parfois
douteuses. Dampleux dispose déjà d'un réseau
de distribution d'eau potable directement
alimenté par une source située à la limite
nord du village et comprenant un petit bassin de
stockage. La proximité des habitations rend
difficile la protection de l'eau et la qualité
en est parfois altérée. Faverolles possède
aussi son réseau alimenté par deux points
d'eau, un puit situé au hameau de Vouty et une
source à l'est du village. Les élus des trois
communes envisagent donc de créer un réseau de
distribution d'eau à Fleury et d'améliorer ceux
de Dampleux et Faverolles. Oigny en Valois et Troënes ne sont pas
associés au projet car la première dispose
déjà d'un réseau suffisant et la seconde
étudie un projet séparé.
Avant tout, il faut
définir les besoins des habitants. Pour les uns
on prend comme base le recensement de 1954 et
pour les autres on établit un compte
approximatif. On retient qu'il faut un minimun de
90m3 d'eau par jour pour répondre aux besoins et
une source au débit supérieur afin de conserver
une marge de sécurité assez importante pour
faire face aux pointes de consommation et à
l'augmentation du nombre des habitants.
L'inventaire des ressources montre que seule la
nappe d'eau de Fleury peut satisfaire aux
exigences des trois communes et un rapport
réalisé par le service du Génie Rural fige le
projet.
La source de Fleury
située près de la ligne de chemin de fer sera
captée puis refoulée vers Dampleux et fleury
dans 2 réservoirs par un groupe de pompes
électriques. Le réservoir de Fleury (50m3) sera
placé sur tour, au nord, afin d'assurer une
pression suffisante dans les maisons du haut
village. Celui de Dampleux de 150m3 sera situé
sur la petite colline qui domine le village. Il
alimentera le village ainsi que le réservoir
existant à Vouty (100m3). Toutes les maisons
recevront des branchements particuliers munis de
compteur. Des poteaux d'incendie seront placés
dans chaque village.
Cette oeuvre associant les
communes est gérée par un syndicat, "le
Syndicat des Eaux". Le premier conseil fut
installé à la création, le 23 décembre 1960.
Il se composait de Jean Bouchain, président et
maire de Dampleux, de Jeanne Fabre,
vice-présidente et mairesse de Fleury, d'Albert
Ducher, maire de Faverolles, Fernand Daigrier,
Henri Burgneaux et Hubert Sainte.
Sitôt élu, le conseil se
met au travail. On sollicite le ministère de
l'agriculture. En 1961 le service du Génie Rural
autorise le captage des eaux ; l'administration
des Eaux et Forêts s'intéresse au projet pour
ses maisons forestières de la Croix de Dampleux
Faverolles et Buchet. En novembre 1962 la plus
grande partie des travaux est achevée. Un mois
plus tard la commune de Troënes, à sa demande,
est intégrée au projet. De 1963 à 1965 il ne
se passe rien de particulier. La commune d'Oigny
en Valois se décide à adhérer au syndicat. En
mars 1966, le conseil approuve le projet
définitif et sollicite la déclaration
d'utilité publique des travaux.
Ils sont fractionnés en
deux tranches. La première regroupe le captage,
les réseaux de Dampleux et Fleury,
l'alimentation des réservoirs de Faverolles et
Oigny et la désserte de la croix de Dampleux.
Tous s'activent et en janvier 1969 le syndicat
accepte la réception définitive des travaux de
la 1° tranche.
Sans temps mort, la
seconde tranche est lancée pour les dessertes de
Faverolles et Troënes, la construction du
réservoir semi enterré de Troënes et
l'amélioration du réseau d'Oigny. En avril 1970
tout est terminé. Dans les années qui suivent,
l'amélioration du réseau devient la principale
préoccupation du syndicat, pour faire face à la
demande croissante et éviter les insuffisances
de distribution...
Le
mot de la fin...
"Les
élus locaux ont de tout temps eu à résoudre le
délicat problème de l'alimentation en eau de
leurs administrés. En effet, si le citoyen se
débrouille fort bien seul pour satisfaire ses
besoins en vin, il a la fâcheuse habitude de
s'en remettre à autrui pour son
approvisionnement en eau. Et de l'eau il en faut,
ne serait-ce que pour en mettre de temps en
temps, dans son vin..."
voir bilan de la qualité de l'eau
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